un dessin ou une peinture presque chaque jour
Par patrick
je regardais hier, pendant le déjeuner, une émission dont j'ignore jusqu'au titre et dont chacun des participants m'était inconnu. peu importe, le sujet qu'on y voulait traiter était le low-cost, le discount, pire le high-discount et la conversation allait son train entrecoupée de reportages dont un, paraît-il, fort convaincant d'un joailler de la place ( j'ai appris à l'occasion qu'on disait "la place" et non "la place vendôme") qui nous expliquait que la pureté d'un diamant bla bla bla, suivi d'une intervention in situ d'une responsable lambda de 60millions de consommateurs attirant l'attention sur la sécurité parfois relative des vols charter, sur les conséquences aussi éventuelles que pouvait représenter l'achat d'un produit "dégriffé". Un dialogue de privilégiés, une émission conduite par des participants dont on peut se demander si chacun d'entre eux connaît la rue.
Tout celà m'a fort énervé car le low-cost dont on se targue maintenant comme un sport de privilégiés aimant à "économiser" est aussi, surtout et avant tout la conséquence de la paupérisation de la population. Pauvreté qui, quand elle s'incarne dans les yeux d'un enfant rencontré chez LIdl ou n'importe quelle autre enseigne, a de quoi me bouleverser définitivement. Ces mamans ou papas dont on devine qu'ils font des efforts d'imagination pour donner l'illusion de l'abondance sont, pour moi, les héros de la vie, loin devant ces pousseurs de ballon ou lanceurs de balle dont on nous rebat les oreilles. Voilà la vie, voilà la rue, voilà où nous sommes, voilà la vérité que nous préférons lâchement ne pas voir parce que l'exotisme du bidonville au bord duquel nous pointions le nez à Calcutta, est là devant la porte.
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