un dessin ou une peinture presque chaque jour
la journée fut ce qu'elle fut, elle avait mal commencé. blues. j'avais mis dans la poche dorsale de ma veste un disque qu'une fois arrivé près de la voiture, j'avais oublié. résultat: je me suis assis dessus. heureusement, pas de de casse et le plaisir en raccourci de pouvoir écouter "la flûte enchantée" pendant 4 kilomètres aller et 4 kilomètres retour. mozart, ça me requinque.
puis cette errance de blog en blog mettant en évidence mon côté zombie, tous ces goûts musicaux qui ne sont pas les miens, tous ces soucis qui ne m'appartiennent pas, toutes ces considérations que je trouve parfois loin de la vie ou puériles : je suis vieux, réellement.
je me souviens, quand le nouvel obs faisait encore partie des journaux que je pouvais lire, avoir fait un test sur l'âge réel que j'avais et me rappelle du résultat qui affichait 80 ans quand je n'en avais pas trente. à regarder de près d'où venaient les fortes "pénalités", le rédacteur avait choisi de pénaliser lourdement ceux et c'était mon cas, qui choisiraient d'illustrer un nouveau billet de banque avec charles trenet.
moi des vieux comme ça, j'en redemande. j'ai plus tard rencontré une vieille dame, peintre. à 95 ans, ses yeux me paraissaient les plus lumineux du monde et sa peinture...ah sa peinture, je ne saurais pas en parler tant elle était vive, forte, structurée, savante. à 95 ans, cette dame m'a dit 'c'est bien patrick, c'est bien, continuez, allez plus loin...elle me faisait rire aussi quand venant nous rejoindre à l'endroit qu'elle avait choisi de nous déposer pour que nous peignons, elle disait péremptoire, jeter sur nos brouillons, "l'oeil du maître".
il faut lui rendre cette justice d'avouer ici qu'en dehors de ses talents de peintre, elle était humainement invivable, n'attachant de valeur qu'aux personnes diplômées et/ou fortunées. elle était sans retenue pour réprimander à table qui la servait et je me souviens l'avoir un jour reprise alors qu'elle reprochait à qui nous servait d'avoir choisi un plat rouge plutôt qu'un autre.
Un être invivable certes mais si talentueux. presque 100 années d'une vie exigeante, vouée à la peinture, une vie de rêve. merci, mademoiselle.