un dessin ou une peinture presque chaque jour
Par patrick
A la question qu'il m'a posé de savoir comment je l'avais imaginé, seule une pirouette me permit de répondre sans rien dire de plus que ce que j'avais déduit, à savoir qu'il devait exercer un travail à horaires réguliers ayant constaté qu'il était toujours présent quand moi-même je rentrais de l'usine. Quant à la suite, à son aspect physique, si c'est celà que sa question voulait évoquer, je n'allais pas, bien sûr, lui avouer que je m'étais douté d'emblée que le portrait qu'il voulait donner de lui, à savoir celui d'un vieux pédé devenu moins désirable, me semblait exagéré, le soupçonnant de grossir pour la forcer la disgrâce que l'âge, selon les canons étroits de la "gaytude", apporte. Je le savais grand car il disait préférer les strapontins du métro aux sièges en vis en vis mais je l'imaginais encore plus grand. Je le savais mince aussi,sans doute l'avait-il écrit. Mais j'ignorais tout de sa gentillesse, de sa sollicitude; je ne pouvais pas deviner la beauté que donnait à ses yeux la lumière de son regard. Je ne me doutais pas que nous allions rencontrer quelqu'un qui, derrière le faux paravent d'une médiocrité annoncée, se révèlerait être un garçon extra-ordinaire, un garçon fait d'une sensibilité exacerbée, un garçon dotée d'une mémoire du meilleur pentium, un garçon comme il semble qu'il en existe peu.
C'est ce soir le billet de mon humeur heureuse d'avoir du virtuel sauté le pas du réel.
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