un dessin ou une peinture presque chaque jour
"La dictature du beau", un billet sur le blog "en marge" dont on trouvera ci-contre le lien m'a donné l'envie d'écrire une longue réponse qui, à cause de ces petites lettres à recopier en bas de billet, s'est évanouie. L'auteur du blog me pardonnera d'essayer de reprendre ici quelques éléments de réponse quant au souvenir de mon billet.
Il faut, je l'écrivais et le pense, être ou bien faible ou bien vide, pour céder à ces diktats-ci mais que ceux que le joug enchante, plient le genou. Rien n'est jamais perdu et le commerce du vide s'en trouvera, à son aise, bien rempli. A moi, l'abonnement à Têtu et je cite ici ce magazine, ne connaissant que lui et Préf, son clone. Peu importe, mon ami les lit sous couvert d'un 'c'est mon seul divertissement'. A moi de le croire. Il semble avéré, cependant, que la moindre des marques aurait déjà disparu si j'en avais été le porte-drapeau. M'imagine-ton en Calvin Klein, Yves St Laurent ou je ne sais quoi de sonnant bien l'euro? Allez, je ne suis pas beau, pas un canon sauf peut-être que j'en ai la lourdeur et les poignées, vous savez celles fondues dans le bronze qui servaient à soulever l'arme, mais les miennes sont affreusement mal dites 'd'amour'.
Maintenant, en réponse à ce chef d'entreprise qui fait du look un critère et ça compte, ça compte si peu qu'un jour, j'ai embauché Thomas. Le garçon me semblait convenir pour cette courte mission. Volontaire, évidemment courageux, capable de remplir sa mission. La mâchoire de Thomas souffrait d'un dysfonctionnement qui rendait son élocution difficile, qui donnait à son visage l'aspect d'un garçon dont la lèvre inférieure recouvrait et de biais celle du haut. Un portrait désavantageux. Mais Thomas prit confiance et ce qui ne lui était pas demandé, à savoir aller vers la clientèle, il s'y prêta et jamais, jamais on ne s'en plaignit. Certes, il y eut les quolibets, sous-entendus à mon endroit seulement, "il préfère les garçons" mais de celà, j'ai ce privilège de ne pas avoir à m'en justifier, la chose étant si claire. Cependant, et ce fut vécu ainsi, la disgrâce de Thomas suscita un peu la pitié de Marie-Paule. Elle lui aurait tout passer à cause de ce désavantage là, elle eût été plus clémente et c'est vrai qu'il n'est pas facile de se conduire comme si cette laideur n'existait pas mais je crois que nous l'avons dépassée. Je crois que Thomas fut heureux de cette expérience, d'apprendre aussi parmi nous des aspects qu'il ne maîtrisait pas. Un jour en ouvrant ma porte, je l'ai revu. Nous nous sommes salués, nous avons souri: il semblait bien fier d'être là au milieu de ces "visiblement" banquiers qui s'en allaient déjeuner.