un dessin ou une peinture presque chaque jour
Par patrick
La rue est si étroite que je pourrais, en tendant le bras, effleurer la pierre de la maison d'en face. Chaque matin, du fond de la pièce dans laquelle je prends mon petit déjeuner, j'observe - il me regarde aussi - un petit oiseau qui répète le même pas sur le zinc, allant de droite à gauche, s'arrêtant, jetant un oeil ici, recommençant son déplacement de côté pour disparaître derrière le chéneau, en rssortir quelques instants plus tard et s'envoler vers l'est.
D'un seul coup d'ailes, je pourrais me poser sur le rebord de sa fenêtre mais bien que j'aie l'habitude de l'observer maintenant depuis plusieurs semaines, il m'effraie ce gros monsieur assis derrière son bol de céréales. Rien ne sera laissé à ma pitance et à l'aide de sa cuillère puis de sa langue, il râcle jusqu'au fond la plus petite miette, se lève ensuite , réapparaît avec son café et un fruit. Il prend le temps maintenant d'ouvrir un livre, de faire semblant d'y parcourir quelques lignes, lever la tête et me regarder.
Parfois, je me dis que j'aimerais venir me poser près de lui, sur le haut dossier de ses chaises de Chine.
Parfois, j'aimerais bien qu'il arrive droit sur ma tête comme le faisait Magali quand j'étais enfant. De toutes ses forces, elle tirait mes cheveux, autant qu'elle le pouvait puis allait le ( ou les ) ranger au fond de son nid. Mais voilà, je suis chauve et depuis si longtemps, Magali n'est plus là.
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