un dessin ou une peinture presque chaque jour
Par patrick
Déjà. Ce soir, il faudra aller au grenier choisir entre la grande valise jaune ou la bleue plus petite. A l'intérieur doivent encore être les stigmates du dernier voyage, plans de ville délavés par la mousson, billets d'avion, talons de vouchers, que sais-je, des timbres, des roupies, des laundry bags que nous emportons systématiquement. Il fut un temps encore récent où ceux de l'hôtel Taj Mahal de Bombay étaient brodés.
Nous partons de la gare de Bercy pour Rome, en couchettes. Un désir d'enfant, le bruit des rails, la longueur d'un voyage que je croyais n'avoir jamais fait mais ma mémoire n'est pas des plus fidèles. Je me rappelle maintenant ces longues distances parcourues en Thaïlande dans des couchettes si exigües que je pouvais à peine me retourner, des marchandes qui passaient à chaque heure et nous offraient roulées dans des feuilles de bananiers des préparations dont nous ne gardons que l'excellence du goût et sa nouveauté.
En couchettes, c'est avoir oublié l'impossibilité de faire une vraie toilette et l'inévitable mauvais repas. En couchettes parce que l'avion reste l'avion, dérisoire pour des distances si courtes.
Rome puis Florence et Venise. Pour nous ennivrer de peinture et nous régaler de pâtes. Oublier avant de les retrouver un papa "remisé" de la vie dans sa maison de retraite, le combat pour la vie de l'entreprise mais aussi la nouvelle décoration du magasin de Jacky, la livraison attendue du grand piano dont je sais bien que les premières notes iront à Bach.
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